à la traîne
éléments d'entre 2024-2025-2026
les docks de Saint-Ouen et se dire qu’encore on prend les mêmes chemins, se demander pourquoi les hommes on n’y a pas échappé, alors qu’on croyait filer à travers les grillages, comme le barreau tordu du Belvédère, celui que tu tords toujours plus fort, celui contre lequel tu pousses avec toute ta force, parce qu'après tout c'est tout ce que tu as ce que tu es le café là et les docks là-bas et puis là-haut aussi, au-dessus du plancher des vaches, et puis sous les rails, ceux qui tremblent à travers mon quartier mon enfance en dernier, il y a le premier, il y a celui qui s'oublie malgré soi et en chemin on se retrouve à se demander comment on est arrivés là, comment c'est possible tout ce raffut et puis comment on a pu se tromper à ce point, croire qu'on y avait échappé, qu'on avait choisi les bons, que seule on allait défier le Mythe à coup d'égo-trips d'extrême-gauche On s'est dit, c'est fini pour de bon pour moi plus jamais ça Alors comment c'est possible tout ce raffut ce tremblement les interstices de la vingtaine la généalogie à la croisée des chemins Et des Hommes comme ils ont toujours été comme on croyait Y avoir échappé C'est lent ça arrive doucement mais ça arrive et j'ai douze ans (encore) et j'ai seize ans et j essaie le ralentissement (encore) Mais ça n'arrive pas Un matin je lis enfin je scrolle à l'infini le Financial Times m'alerte: les hommes à la traîne pourquoi les femmes laissent les hommes à la traîne ? Pourquoi les abandonnent-elles? Un matin je garde ça pour moi

